Chantier XXL pour le maxi-ponton du quai Richelieu

Sud Ouest, Bordeaux, le 08/02/11
mercredi 9 février 2011
par  JulieSemeyn
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25 ouvriers s’activent pour construire le maxi-ponton du quai Richelieu. Visite du chantier à Saint-Loubès et en bord de Garonne.

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Dans les ateliers de CESM à Saint-Loubès les ouvriers ont l’habitude de bosser dur - le métal ça ne se travaille pas avec la souris d’un ordinateur !- mais ce début d’année, la tension est encore plus forte. « Les employés font plutôt 9 heures que 8 et des équipes travaillent le samedi » reconnaît Alain Boizard, le gérant de la société. La raison ? La construction du maxi-ponton du quai Richelieu à Bordeaux.

Pour l’entreprise, c’est un vrai défi. C’est la plus grosse commande à laquelle elle doit répondre, ce sera aussi l’un des plus grands pontons flottants réalisés à ce jour en France. CESM est spécialisée dans la construction de structures métalliques portuaires. Elle est intervenue sur de nombreux ouvrages à Fos-sur-Mer, Marseille (13), Tancarville (76) ou plus loin encore, comme en Martinique.

25 personnes au travail

Pour CESM, la commande n’est pas seulement exceptionnelle, elle prend aussi l’allure d’une course contre la montre. Le marché a été signé à l’automne et le ponton doit être livré et installé avant le mois de mai. « Des délais extrêmement courts. Pour les tenir, 25 personnes travaillent en permanence sur le chantier » explique le patron.

Et ça se voit ! À Saint-Loubès, les ouvriers prennent à peine le temps de lever la tête pour dire bonjour. Au sol, s’étirent, comme le plancher d’une piste de danse, les quelque 160 mètres carrés de l’un de cinq plateaux qui composeront l’ensemble. Ici, on découpe, là on assemble, plus loin on soude. Au milieu des étincelles des meuleuses, scies et autres appareils à souder.

Les pièces à fabriquer sont si grandes toutefois que l’entreprise ne peut pas tout gérer dans ses locaux. Il aurait fallu deux fois plus grand et encore ! « Nous fabriquons les éléments de base à Saint-Loubès, nous les assemblons sur un terrain de la société Balineau quai de Brazza », explique le gérant.

Quai de Brazza

Sur les quais, le second chantier CESM est tout aussi spectaculaire que le premier. Plus même puisque c’est là que prennent véritablement forme les caissons.

Le maxi-ponton sera composé de cinq caissons étanches de 32 mètres de long, 5,50 mètres de large et d’environ 1 mètre de haut. Chaque caisson pèsera 64 tonnes, 40 tonnes de métal et 24 tonnes de béton, un lestage nécessaire pour assurer la stabilité de l’ensemble.

En bordure de Garonne, trois caissons sont déjà en construction. Ce que tout le monde peut voir en longeant le quai de Brazza, à hauteur de l’ex Soferti.

Du travail engagé aussi. Afin de mieux répondre à la curiosité des gens de passage et se servir de ce chantier comme d’une vitrine pour présenter le projet, l’entreprise et la Ville de Bordeaux vont d’ailleurs installer cette semaine des panneaux d’information avec plans et images de synthèse montrant le futur ouvrage.

De là, tout partira

Les caissons seront tous fabriqués sur ce terrain et aménagés dans les moindres détails. Jusqu’à la mise en place du plancher bois et de l’éclairage intégré dans le sol ou la rambarde.

C’est sur cet espace suffisamment vaste que seront également montées les passerelles métalliques qui permettront d’accéder à la plate-forme. Quatre passerelles au total : deux fixes de 10 mètres de long et deux mobiles de 32 mètres de long.

Une fois terminées, les pièces seront transportées par voie fluviale. Les pontons seront ainsi tractés comme des barges jusqu’à leur lieu d’implantation.

Cela ne pourra se faire toutefois que lorsque les pieux d’amarrage du maxi-ponton seront plantés dans le lit du fleuve. 10 pieux au total d’un mètre de diamètre et de plus d’une trentaine de mètres de haut. Le « battage des tubes » (dans le jargon des professionnels) est prévu pour mars prochain.

1ère pierre en mars ?

« Nous profiterons probablement de cette première opération pour organiser une cérémonie symbolique style pose de première pierre » révèle Stephan Delaux, adjoint au maire, chargé de l’animation de la ville, président de l’office du tourisme. Accompagné de Laurent Hodebar, chargé de mission tourisme à la ville de Bordeaux, l’élu s’est rendu à Saint-Loubès et sur le quai de Brazza pour rencontrer Alain Boizard, le patron de CESM et juger l’évolution des travaux.

L’élu s’est dit impressionné par l’ampleur du chantier, tout heureux aussi : « Il y a tellement longtemps que nous rêvions d’un tel ponton. Le voilà ! Nous allons enfin avoir des installations adaptées et aux normes pour accueillir toutes sortes de bateaux et ce au plus près du centre-ville. »

Ce ponton de 160 mètres de long et de plus de 300 tonnes va donner au quai de Richelieu une allure de mini port. Les plaisanciers pourront venir « s’y garer » comme s’ils venaient en voiture. À deux pas du cœur battant de la cité, ce que peu de ports au monde proposent.

Un sacré investissement tout de même. L’ouvrage représente 2, 4 millions d’euros, une dépense couverte par la Ville (900 000 euros), la CUB (400 000 euros), la Région (400 000 euros) et l’Europe (600 000 euros).

J-PAUL VIGNEAUD



 

 

 

 

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