D’une rive à l’autre de la Garonne… à la nage

Sud Ouest, Bordeaux, le 19/06/11
dimanche 19 juin 2011
par  JulieSemeyn
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Record de participation, hier matin, pour la cinquième traversée de la Garonne à la nage, avec 500 inscrits, sur 1,7 km. Nous avons testé pour vous.

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Fête du fleuve à Bordeaux : record de participation, hier matin, pour la cinquième traversée de la Garonne à la nage, avec 500 inscrits, sur 1,7 km. (photo Fabien Cottereau)

Il est 10 h 30 et il va falloir y aller. Il va falloir se jeter dans cette eau couleur café au lait, animée de tourbillons peu réjouissants et traverser… Plonger dans cette Garonne au mépris de toutes les mises en gardes rabâchées depuis l’enfance : surtout, ne jamais tomber dans la Garonne, c’est la noyade assurée ! Il va falloir rejoindre l’autre rive, cet « autre côté de l’eau », comme disent les vieux Bordelais, qui tout d’un coup semble si lointain.

 

Sur le bord du ponton d’honneur inauguré il y a quelques semaines, nous sommes 120 inscrits pour la première vague de la traversée de la Garonne. Trois vagues suivront plus tard dans la matinée ; au total, 500 personnes auront participé à cette cinquième édition de la traversée organisée par la section natation des Girondins de Bordeaux et sa figure emblématique, Marc Lafosse.

 

Il est 10 h 35 et le top départ n’est toujours pas donné… La renverse de la marée n’a pas encore fait sentir ses effets. Le courant est dans le mauvais sens. Sur le ponton, on fait des étirements, on plaisante, on se chambre, on attend. Mais, de toute façon, à un moment donné, il va falloir y aller. « Encore cinq minutes », annonce l’organisation au micro. Ah bon ? Mais on fait quoi pendant ce temps ? Certains en sont à leur cinquième traversée, moi c’est ma première. Pour me rassurer, je cherche discrètement autour de moi des silhouettes pas trop jeunes, pas trop sveltes, pas trop décontractées.

Maintenant, il faut traverser

« Départ dans une minute. » À quelques mètres, je vois Hugues Martin, l’adjoint d’Alain Juppé, avec sa combinaison rouge et ses 69 balais, sourire aux lèvres. Il va plonger, comme les autres. Ce sera sa deuxième traversée.

Cinq, quatre, trois, deux, un, partez ! J’oublie qu’on ne voit rien dans cette eau pleine d’argile, qu’il y a sans doute là, juste sous la surface, c’est sûr, un tronc d’arbre, une voiture volée, une épave sur laquelle je vais me fracasser… et je plonge.

Tiens, c’est de l’eau ! Maintenant, il faut traverser. Les cadors sont déjà devant, impossible de les suivre. Il règne une sorte de pagaille joyeuse. Le plan d’eau est immense mais, entre nageurs, on se marche un peu dessus, on s’éclabousse, on se double et on se fait doubler. En face, les immeubles de La Bastide font le yo-yo.

Montés sur des planches de surf, les responsables de la sécurité montrent l’itinéraire à suivre. « Un besoin d’aide, vous levez clairement le bras et on vient vous chercher », a prévenu l’organisation. On est maintenant au milieu de la Garonne, il semble aussi impossible de regagner la rive gauche qu’improbable de rallier la droite. C’est comme si les deux s’éloignaient.

À côté de moi, deux femmes nagent en papotant. En ce qui me concerne, j’en suis à mon troisième verre de Garonne. Un peu fade, mais pas mauvais, en fait. Puis arrivent le vent, la pluie, le clapot. La traversée en devient pénible. On ne regarde plus le paysage, il y a un moment de doute, on regarde autour de soi comment font les autres.

Le courant nous porte de plus en plus vite vers l’aval, mais il faut lutter pour s’approcher de la rive, côté Bastide, où est aménagée l’arrivée de la course, à 1,7 km du départ. Encore quelques mètres, les pieds touchent la boue crémeuse de la berge, les spectateurs encouragent, on finit par sortir de l’eau, rincé et ravi.

DENIS LHERM



 

 

 

 

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